1. Quand Youtube remix Lil Uzi Vert
  2. Le doux rêve de Gabriela Mendez
  3. Jersey Club
  4. Clip de la semaine : Kendrick Lamar ft. Jay Rock & Future – King’s Dead
  5. Behind The Camera : Jonathan Mannion
  6. Bromance Records : Que sont-ils devenus ?
  7. OFF WHITE PFW AUTUMN/WINTER 2018
  8. Clip de la semaine : « All The Stars » de Kendrick Lamar ft SZA
  9. RAP Francais : Ce qui va nous faire vibrer pour 2018
  10. Le vinyle : la multiplicité
  11. Dior Homme PFW Fall 2018
  12. Le clip de la semaine : Famous Dex – Pick It Up Feat. ASAP Rocky
  13. La place de Montréal dans le monde du streetwear #2
  14. Le féminin dans la musique électronique
  15. Le clip de la semaine : Cassie – Don’t Play It Safe
  16. Vivienne Westwood : Légende vivante
  17. “HUNCHO JACK, JACK HUNCHO”, review d’un album collaboratif
  18. NOS 5 MEILLEURS SHOW DE LA LONDON FASHION WEEK : MENS AW18
  19. Griby (Грибы) : Le rap venu de l’Est
  20. Angel par Ronan Guillou
  21. Le clip de la semaine : Bruno Mars – Finesse (Remix) Feat. Cardi B
  22. Qu’est-il arrivé à Tinashe ?
  23. Stop à la dépigmentation
  24. Les yeux dans les yeux : COREY SHAPIRO
  25. Flume X Greenpeace
  26. Quand Graphisme rencontre photographie: GÉRARD IFERT
  27. Le clip de la semaine : Krisy – Belle
  28. Les premières écoutes
  29. Portrait : Ricardo Cavolo
  30. Mirror Mirror
  31. Portrait : Rustie
  32. HORS TENDANCES #1
  33. Le clip de la semaine : Kekra – Envoie La Monnaie 3.0
  34. GTA Tracklist: GTA III
  35. Le streaming musical, un business model taillé pour le 21ème siècle
  36. La lune : le soleil de la nuit
  37. Tout le monde se l’arrache !
  38. Joey Bada$$ nouveau directeur artistique de PONY
  39. LE MONDE PARALLÈLE DE JAMES JEAN.
  40. La techno va t-elle devenir mainstream ?
  41. Le clip de la semaine : London On Da Track- Whatever You On
  42. KOCHÉ : DE LA CENTRAL SAINT MARTINS À NEW YORK EN PASSANT PAR THE COMMUNITY
  43. La place de Montréal dans le monde du streetwear.
  44. Est-ce la fin de la hype autour du xanax ?
  45. Petra Collins : maîtresse de la couleur
  46. L’artiste : tributaire face au temps
  47. Confession : La house dans tous ses états
  48. Sam Gellaitry : le jeune prodige

LE STREAMING MUSICAL un business model taillé pour le 21ème siècle

« Il ne faut jamais dire jamais, mais les consommateurs ne semblent pas être intéressés »  Steve Jobs  2007  Reuters

 

CONTEXTE

L’industrie musicale a subi de nombreuses mutations au cours des dernières décennies. De l’âge d’or des années 70 et 80, à la peur de l’inconnu lors de l’arrivée du numérique à la fin du XXème siècle, le sixième art et son marché ont connu des évolutions peu prévisibles et souvent influencées par la société et les mutations technologiques.

Aujourd’hui encore, cette industrie est encore incertaine vis-à-vis de son avenir. En effet, le début des années 2000 avec l’arrivée d’Internet sonnait pour les spécialistes comme la fin de l’industrie toute entière, notamment avec le partage gratuit en peer-to-peer des données numériques. En outre, Internet serait le coupable de la “mort” de l’industrie musicale.

Or aujourd’hui, seulement une décennie plus tard, l’ère du numérique évoluant avec une nouvelle génération, une nouvelle façon de consommer de la musique est apparue : le streaming musical. Comme son nom l’indique, cette pratique consiste à une écoute par bande passante de données à partir d’un site répertoriant des milliers de fichiers musicaux. Cette nouvelle méthode d’écoute et de consommation de musique est apparue en 2005 avec la plateforme Yahoo! Music qui n’a pas rencontré le succès escompté. Le streaming musical a véritablement explosé partout dans le monde en 2011 grâce au lancement aux États-Unis du géant suédois Spotify ainsi que d’autres plateformes devenues très populaires comme Deezer ou SoundCloud.

Dans cet article, nous nous sommes interrogés sur cette « mort » de l’industrie musicale. Il nous semblait pertinent de nous pencher sur la pratique du streaming musical, afin de nous rendre compte des réalités du problème.

Première victime de cette crise, le format single.

 

SOURCING

Dans le cadre de nos recherches, nous nous sommes dirigés tout d’abord vers des sites spécialisés dans l’actualité musicale, aussi bien français qu’américains, tels que Pitchfork, Consequence of Sound, le site du magazine Rolling Stone et des Inrockuptibles ou la section “Musique” de The Guardian. Le streaming musical étant au centre de l’actualité, il nous a été très facile de trouver des articles ou même des dossiers complets concernant ce sujet et nous apportant donc de nombreuses informations, mais aussi différents points de vue. Nous avons cependant évité les blogs musicaux, généralement trop peu objectifs dans le traitement de leurs sujets pour en retenir des informations réellement fiables.

Nous nous sommes également appuyés sur les sites de différents instituts afin d’obtenir des données assurément fiables. Parmi eux, la SACEM, mais aussi et surtout celui de la Nielsen qui mesure les ventes d’albums, de chansons, de téléchargements et, à présent, le streaming aux États-Unis. Enfin, nous avons utilisé le site de Billboard, un magazine musical en ligne connu pour publier chaque semaine les charts américains. Ce site nous a permis de constater le poids du streaming sur l’industrie actuelle et sa popularité.

 

SYNTHÈSE

Minoritaire dans l’industrie musicale il y a quelques années, le streaming est devenu la norme depuis le début de la décennie 2010, sa cote de popularité ne faisant que monter. L’un des précurseurs en la matière est aussi le numéro un actuel du marché : Spotify.

Tout commence en 2006, en Suède, où cette start-up décide de lancer un nouveau concept d’écoute de musique. En effet à cette époque, le contexte est chaotique : Internet est haï par l’industrie musicale car les téléchargements illégaux y sont quasiment à leur apogée, les ventes de CD ne cessent de chuter et les ventes de morceaux dématérialisés n’étaient pas encore assez développées. Les créateurs de Spotify partent donc d’un constat simple : la situation est inévitable, l’ère du numérique ne fait que commencer et le support physique est voué à diminuer en terme de vente, voire disparaître. En se basant sur la pratique du streaming de séries et de films (généralement illégale), ils ont alors l’idée de développer le concept uniquement pour la musique et proposer un abonnement de 9, 99€ par mois. L’idée est que pour le prix d’un album en physique, vous pouvez en écouter des milliers pendant un mois.

Après quelques années et des accords arrivant au fur et à mesure avec les différents majors, Spotify fait grandir son catalogue chaque jour jusqu’à atteindre aujourd’hui le plus grand au monde en matière de streaming, soit  plus de 30 millions de morceaux.

Depuis, la concurrence s’est formée sur ce marché avec plusieurs enseignes – plus ou moins – connues de tous.

 

I.La guerre des plateformes de streaming

 
Tout d’abord nous avons Deezer, c’est le petit Français présent rapidement sur le marché, dès 2008. Aujourd’hui racheté par des investisseurs chinois, le service revendique 22,3 millions d’utilisateurs actifs mensuels dont 6,3 millions d’abonnés payants.

Possédant une bibliothèque de sons riches et beaucoup d’exclusivités en matière de rock, de variété et de musique traditionnelle européenne, le service s’est fait une place convenable sur le marché. Il affiche les mêmes frais d’abonnement illimité que Spotify mais se démarque cependant en proposant un abonnement type “familial” permettant de lier six comptes, au tarif de 14, 99€.

Plus récemment, le géant américain Apple,  flairant la montée en puissance de ce type de service, a sauté sur l’occasion et a lancé Apple Music, sa propre plateforme de streaming, en juin 2015 .

Après une arrivée en trombe sur le marché, Apple Music revendique aujourd’hui plus de 20 Millions d’abonnées actifs. La particularité et l’atout de ce service est le grand nombre de titres, d’albums et de clips musicaux qu’il propose à ses abonnés en avant-première mondiale, ainsi que des podcasts et des émissions de radio présentés par des professionnels réputés dans l’industrie musicale (comme l’ex-animateur star de la BBC Zane Lowe) ou des artistes reconnus mondialement (comme le rappeur canadien Drake, l’artiste le plus “streamé” en 2016). Apple Music ne propose cependant qu’un abonnement payant, contrairement à Deezer ou Spotify.

 

 

Avec More Life, Drake bat son propre record d’écoute en moins de 24h. Ce record était précédemment détenu par son album Views.

 

On peut aussi noter la présence de Tidal, lancé en grandes pompes en mars 2015 par le rappeur Jay-Z. Le principe de cette plateforme est qu’elle appartient à des artistes (on compte dans ses rangs Madonna, Jack White, Rihanna, Beyoncé, les Daft Punk ou encore Indochine) dont le but est “de mieux rémunérer les artistes à travers le streaming que Spotify”. Tidal a comme atout ses exclusivités (des albums en avant-première, des concerts diffusés en live …) et innove en proposant un abonnement Hi-Fi (avec une qualité audio au format “lossless”) pour 19, 99€ par mois. La plateforme a néanmoins beaucoup de mal à se lancer, à cause d’un accueil tiède de la part du public et complètement glacial dans la presse pointant du doigt le fait que cette plateforme est surtout faite pour asseoir la gloire d’artistes multimillionnaires se faisant de l’argent sur le dos de leurs fans, le service ne proposant effectivement pas d’abonnements gratuits.

Puis arrive un autre concurrent qui se détache des autres par ses services proposés : SoundCloud, littéralement le nuage de son. Ce service se différencie des autres par le fait que n’importe quel amateur/créateur de musique, peut y poster ses titres, ce qui n’est pas possible sur les autres services où il faut être sélectionné par le service ou bien être signé sur un label. Par conséquent cette plateforme a attiré de nombreux utilisateurs mais a aussi eu de gros problèmes avec les majors. En effet, de nombreuses personnes mettaient en ligne des titres d’artistes connus sans demander d’autorisation préalable. Après de nombreux déboires judiciaires, SoundCloud est aujourd’hui de retour et propose une formule “Pro” à 5€ par mois qui permet d’avoir accès à un catalogue encore plus large.

La plupart de ces services sont gratuits à leur origine, mais avec de nombreuses publicités et un nombre d’écoutes limité de manière générale, afin de faire passer au service payant. On constate également qu’ils proposent tous une période d’essai.

 

II.Les bénéfices et les problèmes du streaming

Comme chaque innovation, il y a des inconvénients mais aussi des avantages à utiliser ces services, que ce soit pour les artistes mais aussi pour les auditeurs.

Tout d’abord, les bons côtés du streaming sont nombreux pour les artistes. La chute des ventes des albums physiques – et donc des revenus – engendrée par le téléchargement illégal est aujourd’hui compensé en bonne partie par le streaming. En effet, l’écoute de musique en ligne sur les plateformes citées précédemment rapportent de l’argent. Spotify a par exemple engendré en 2015, un chiffre d’affaire de 2 milliards d’euros, avec une perte néanmoins de 173 Millions d’euros, pour les ayants-droit notamment.

Ce système est cependant encore boycotté par des artistes, comme la chanteuse américaine Taylor Swift ou – jusqu’à récemment – Prince, qui considèrent que les écoutes ne leur rapportent pas assez et que le streaming accélère la mort de l’industrie du disque. 

 

Le coût des contenus est en effet très élevé, en partie à cause des royalties. Plus de 60% du chiffre d’affaires de Pandora et 70 % de celui de Spotify est redistribué aux ayants-droit

 

Un autre avantage est celui de la certification. En effet, avant l’arrivée du streaming, il était de plus en plus dur de faire certifier un titre (le peer-to-peer a largement impacté le format single) ou un album. Aujourd’hui, les instituts certifiants comme la Nielsen prennent aussi en compte les écoutes sur les plateformes de streaming. Très controversée, cette méthode est une évolution logique des choses car de plus en plus d’individus consomment de la musique de cette manière.

 

Répartition de l’argent pour un abonnement en streaming

Ensuite, le streaming musical a aussi fait émerger une nouvelle génération de musiciens. Ceux nés d’Internet, découverts la plupart du temps sur SoundCloud ou YouTube. Les artistes provenant d’Internet sont de plus en plus nombreux dans les charts du monde entier. C’est un point positif, remettant sans cesse en cause les majors et leurs dominations en matière de choix de musiques dans les médias, comme par exemple à la radio.

Les exclusivités de Tidal ou Apple Music posent également problème car elles semblent motiver le piratage. En effet, l’année dernière, lorsque Beyoncé ou Frank Ocean ont dévoilé leurs albums très attendus en exclusivité sur ces plateformes, ils ont battu des records … de téléchargements illégaux ! Le risque de ces avant-premières est que les fans ont tendance à aller télécharger illégalement l’album plutôt que de s’inscrire à une plateforme de streaming payante, allant donc à l’encontre du principe de base du streaming qui visait à contrer le piratage et apporter des revenus aux artistes.

Les inconvénients sont aussi multiples pour ce format d’écoute. Tout d’abord, les formats et qualités de musique. Sur un CD la qualité de la musique sera optimale avec une vitesse de 320/KBPS sur chaque morceau, or sur la plupart des services de streaming il est impossible de lire les musiques dans cette qualité, sauf pour certains abonnements. Pour les puristes, c’est un point négatif non négligeable.

De plus, l’écoute en streaming demande une connexion internet. A domicile ce n’est pas souvent un problème, mais pour les mobiles cela requiert une bonne connexion 3G ou 4G. La musique nécessite beaucoup de données, notamment pour accueillir le “mode hors connexion” de Spotify. qui consiste à télécharger au préalable de la musique directement sur leurs appareils pour pouvoir l’écouter lorsqu’ils ne sont pas connectés à Internet. Le stockage des données s’effectue directement sur le smartphone/tablette/ordinateur et celles-ci prennent beaucoup de place.

 

III. Conclusion : le futur du streaming musical

On peut dire qu’aujourd’hui le streaming musical est sur une pente ascendante. Le public comme la plupart des artistes est demandeurs de ce type de services. Cette année le téléchargement illégal a même diminué, ce qui est une première.

Cela prouve qu’Internet n’est pas uniquement un lieu où règne la gratuité. Les prévisions sont très optimistes pour les grands acteurs de l’industrie musicale, et tout le monde s’accorde à dire que la croissance risque de continuer au moins encore une dizaine d’années. La hausse des abonnements au streaming stimule énormément le marché.

D’autres compagnies planifient d’ailleurs de lancer de nouvelles plateformes de streaming. En effet, YouTube qui est la plateforme la plus utilisée actuellement pour écouter de la musique en ligne, prévoit depuis plusieurs années de s’allier à Google Play Music pour lancer son propre service de streaming musical révolutionnaire. Nous ne sommes donc pas prêts de voir ce domaine d’innovation s’essouffler de sitôt, et dans ce cas, l’industrie musicale a encore de beaux jours devant elle.

Pour approfondir le sujet, on vous conseille ce podcast d’OKLM Tv traitant du sujet avec pour invité Sophian Fanen de “LesJours.fr” a retrouver juste ici :

© NO IDENTITY NO NAME

0 Comments

Leave a Comment

Rejoins nous ici

INSTAGRAM

Archives

Rejoins nous ici

INSTAGRAM

Archives