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“HUNCHO JACK, JACK HUNCHO”, review d’un album collaboratif

Pochette réalisée par le dessinateur et caricaturiste britannique de 81 ans:  Ralph Steadman

 

Le projet se murmurait déjà depuis avril 2017, époque à laquelle Zane Lowe avait dévoilé un extrait sur son podcast Apple Music. Cette album a été attendu toute l’année par les fans des 2 artistes, qui reculaient à chaque fois un peu plus la date de sortie. Mais en vérité, Quavo et Travis Scott ont très bien calculé leur coup.

 

Cet album sorti fin du mois de décembre à la surprise générale possède un rôle bien particulier si on s’attarde sur le futur des 2 artistes. D’un côté, Quavo et ses collègues de Migos vont sortir leur deuxième album, Culture 2, en janvier. De l’autre, Travis Scott ne fait que retarder “Astroworld” son prochain album, d’où est issu le déjà mythique Butterfly Effect, premier extrait sorti l’été dernier.

On le sait, les liens musicaux se forment au fil du temps, et non du jour au lendemain. C’est pour cela que les albums collaboratifs mettent souvent du temps. En effet, il faut une certaine alchimie entre les protagonistes. Et cela se retrouve en retardant, re-travaillant leur projets afin de trouver terrain d’entente entre créativité et naturel. Ce postulat s’applique dans l’art en général, et ce projet est dans cette continuité.

Quavo et Travis Scott ont déjà travaillé ensemble, comme sur l’excellent Oh My Diss Side, échangeant avec Quavo des ad-libs et autres phases avec une dynamique et une aisance similaire au collectif Migos. On pouvait déjà voir ici une certaine aisance à collaborer entre les 2 artistes.

Quavo a pu tracer les grandes lignes d’une carrière solo avec la sortie de son album “ATL” début d’été dernier, et Scott a, quant à lui, continué l’écriture de soi-disant “Trapsterpieces” comme il les appelle. Butterfly Effect étant le vaisseau amiral (et premier single de son prochain album) avec plus de 240 millions de stream Spotify, rien que cela.

Le niveau d’attente autour de ces 2 artistes était très élevé. C’est un fait. Et pourtant, avec quelques semaines de recul maintenant, on peut voir une critique unanime de la part des professionnels, comme du public. Et ce, dès la sortie du projet.

Les craintes autour de l’album étaient surtout tournées autour de l’autotune. En effet, les 2 artistes sont des chefs de file du mouvement actuel du rap, où les effets sur les voix font partie intégrante de la personnalité du rappeur. Ils utilisent un autotune qui comporte beaucoup d’effets de réverbération et d’écho, ce qui peut rapidement provoquer une cacophonie rendant un morceau un peu brouillon, voire peu mélodique.

Pourtant, sur Huncho Jack, le travail sur les voix est très bien effectué. Les ingénieurs du son ont dû cravacher pour arriver à un résultat aussi propre. Malgré les back, et autres ad libs, les voix sont parfaitement fluides et collent à l’instrumental dans la majeure partie des morceaux.

Du côté de la production, on retrouve le très chaud Murda Beatz, acteur majeur de l’album Culture de Migos nommé cette année aux Grammys. On peut aussi remarquer la présence de Buddah Bless. Ce beatmaker montant a réalise 3 morceaux sur l’album, et avait aussi collaboré sur Culture, réalisant l’énorme Call Casting. On retrouve au niveau des sonorités, un mélange de Travis Scott avec des sons très robotiques, machinaux et sombres comme sur le morceau Moon Rock. Parfois, ce sont les sonorités propres à Quavo qui ressortent plus. On remarque cela sur le génial Eye To Eye. Mais ce qui prouve la qualité de l’album ici, c’est surtout la cohérence entre les morceaux, et aussi avec la pochette. On retrouve un univers mélancolique, grand espace, mais en même temps trap. C’est un point important pour considérer un album comme réussi.

 

Murda Beatz, producteur favori des Migos a composé 3 tracks de l’album

Au niveau des paroles, on le sait, les 2 compères ne sont pas connus pour être des grands lyricistes comme on peut le voir avec des artistes comme Kendrick Lamar ou encore J.Cole. Cependant, ils sont les fidèles représentants de ce qui se fait de mieux en matière de Trap : triplet et Ad-Libs. Pour ceux qui seraient perdus, le triplet est une façon de rapper popularisé par les Migos avec le morceau Hannah Montana ou encore le banger Versace en 2013. Sauf qu’aujourd’hui, une majeure partie des rappeurs à travers le globe utilise cette manière de rapper régulièrement. On vous invite à regarder cette vidéo de Genius qui résume au mieux le triplet.

En ce qui concerne les ad-libs, pour faire simple, ce sont des backs. Cependant, ils comportent quelques différences. D’abord, les ad-libs sont beaucoup plus présents en matière de volume dans le track. Ils sont là pour donner de l’énergie en fin de ligne, et cette technique se marie parfaitement avec celle du triplet. Travis et Quavo sont 2 grands spécialistes. Ils possèdent tous les deux une véritable banque de ad-libs, ont retrouve d’ailleurs sur l’album, souvent les mêmes back du côté de Travis Scott, à base de “Yeah”, “Alright”, ou encore “Ice”. La combinaison de ces 2 techniques sur cette album permet réellement de donner de l’énergie sur chaque son.

Enfin, un autre point est important en termes de parole ici, ce sont les thèmes. On retrouve quelques thèmes récurrents sur quasiment chacun des sons : le sport, les femmes, la drogue, les vêtements… En résumé, ils font le tour de ce que la trap d’aujourd’hui évoque le plus souvent. En sport, on retrouve les noms de sportifs très connus comme la paire Montana / Rice de l’équipe de football légendaire des 90’s: les 49ers, le légendaire Michael Jordan, Kobe Bryant et bien d’autres.

Mais ici, on remarque l’utilisation de ce vocabulaire non pas uniquement à des fins égotrip, mais aussi afin de dénoncer ou d’illustrer une histoire. C’est le cas dans Modern Slavery, premier morceau de l’album. Ils y évoquent l’esclavage des noirs aux USA il y a une centaine d’années, ainsi que la manière avec laquelle ils ont pu gravir les échelons afin de devenir les nouveaux millionnaires du XXIeme siècle. Le parallèle avec les chaines que portent les esclaves et celles qu’ont les rappeurs aujourd’hui, est une bonne illustration.

Les 2 s’amusent aussi à raconter quelques anecdotes d’eux-mêmes ou de leur entourage, comme dans Dubai Shit, où ils racontent les mésaventures de DJ Esco, interpellé pour possession de stupéfiants,  lors d’un voyage à Dubai.

Alors que penser de cette mixtape ? La première chose à dire réside dans la prise de risque. Des producteurs bien connus, des structures mélodiques intéressantes mais une redondance parfois trop présente. Heureusement, les deux seuls feat de l’album cassent cette monotonie autotunée, qui peut faire déchanter certains (entre 5 et 11 millions d’écoutes par single sur Spotify, pas de quoi décourager grand monde).

Watch the Throne de Jay Z et Kanye West, What a time to be alive de Drake et Future, toutes ses mixtapes ont pour but de mêler deux univers semblables, et non de superposer les individualités. Ce n’est pas le cas sur “Huncho Jack”, mais la trop forte ressemblance de rythme entre Quavo et Travis Scott se fait sentir. Un temps, c’est une instrumentale à la Rodeo de Scott, alors que juste après on retrouve un Murda en folie comme par exemple sur Saint, single numéro un après deux semaines de sortie. Sur ce morceau, on sent que le couplet de Quavo est soigné. Ce n’est pas le cas de Best Man, dernier titre enregistré de l’album, à croire que le duo l’a fini quelques heures avant la sortie, au vu des couplets monotones et hachés. Difficile de ne pas être critique face à une mixtape aussi attendue. Mais la répétitivité au point de se demander si, par curiosité, leurs phases ne seraient pas interchangeables.

On peut donc, à partir de tous ces élements, dire que l’album collaboratif entre Travis Scott et Quavo est un bon exemple de ce que les multiples rappeurs américains sont capables de faire lorsqu’ils collaborent sur autre chose qu’un single. Même si cet album comporte une majorité de sons qui ne sont pas liés entre eux par les textes, on retrouve des sujets récurrents, un univers instrumental unique. Ainsi, on peut réellement définir une vibe à cet album, qui comprend de la mélancolie, mais qui évoque aussi des sujets qui leur tiennent à coeur comme le sport et un lifestyle des plus intenses. Avec l’exemple de Saint Laurent Mask, où cette imagerie est intensifiée par les références à la consommation de drogues, un style pointu et cher, des bijoux sur chaque poignet, et le fait d’avoir l’extravagance d’une rockstar.

Dans la même veine, on peut citer la grande amitié entre Future et Young Thug qui a donné lieu cette année à leur album collaboratif Super Smiley. Mention spéciale au morceau Cruise Ship ou Young Thug, Aka “Thugger” vous propose une balade main dans la main jusqu’aux portes de la joie, rien que ça.

Pour conclure, cette mixtape n’est qu’une mise en bouche pour les deux artistes, préférant garder quelques cartouches sur des projets personnels. Le projet s’est fait en moins d’un an, ce qui est aujourd’hui très long quand on regarde les projets similaires du rap game. Il sera sans aucun doute ré-écouté au cours de l’année 2018. En attendant, Travis “Cactus Jack” Scott veut ramener Stevie Wonder sur son futur album “AstroWorld” tandis que les Migos vont sortir le deuxième opus de leur saga voulant révolutionner la culture. Stir Fry, produit par Pharell, sorti récemment, est déjà dans cette veine. On est bien loin de Upper Echelon et de Versace, la progression est littéralement monstrueuse.

Qu’en avez-vous pensé ? Un réel succès musical ou une prise de risque timide ?

© NO IDENTITY, NO NAME

1 Comment

May PHOTOCOPY janvier 15, 2018 at 5:14

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