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Leather Teeth – Carpenter Brut

Carpenter Brut est un pilier de la synthwave, plus précisément de darksynth. Ce français est un grand nom de cette musique tout droit sorti des années 80’s, avec synthétiseurs bien de l’époque et une imagerie bien rétro, qui emprunte aux films de John Carpenter (sans lien de famille) par exemple. Mais vous connaissez forcément un de ses plus grands représentants, Kavinsky avec sa chanson Nightcall pour le film Drive.

Son dernier album remontait à 2015, Trilogy, qui était composé de ses trois précédents EPs. EP I en 2012, EP II en 2013 puis EP III en 2015. Plus grand chose par la suite à se mettre sous la dent, si ce n’est quelques collaborations pour des bandes originales de jeux vidéos comme Hotline Miami 2 ou Furi.

Nouvel Album

23 février 2018, Carpenter Brut sort son dernier album Leather Teeth. Pour unique promotion, deux teasers sur le compte YouTube de Carpenter Brut, dont un qui nous annonçait la date de sortie pour le 23 février 1987. Comme je n’ai pas réussi à trouver ma machine à voyager dans le temps, tout portait à croire que la date de sortie était pour le 23 février de notre année.

Les vidéos donnent le ton de l’album. Fidèle à la philosophie darksynth, les films d’horreurs des bonnes années 80 vont bon train. Les slasheurs sont à l’honneur avec l’histoire d’un adolescent qui tuent moult personnes dans son lycée, américain évidemment. Ce qui est plus étonnant est l’apparition d’image venant du heavy metal des eighties. Si Carpenter est connu pour étant un ancien métalleux, ils n’est pas sûr que sa déviation vers le style synthrock plaise aux puristes.

Leather Teeth introduit l’album et sonne comme une parole rassurante pour les amateurs de darksynth et de Carpenter Brut. C’est quand vient le second morceau que les choses se corsent.

Cheerleader Effect est bien différent de ce que l’on peut attendre de l’artiste français. On retrouve sur le morceau la voix de Kristoffer Rygg, un chanteur très connu de la scène black metal norvégienne. Son groupe Ulver est très célèbre pour avoir pousser ce genre très loin dans l’expérimentation, au point que Rygg soit désormais plus reconnu comme un musicien expérimental. Sa présence sur cette album montre les efforts de Carpenter pour pousser sa musique plus loin. Leur combinaison nous donne un morceau onirique et très puissant.

Sunday Lunch revient sur des bases plus classiques de la synth. Rappelant bien plus les plages ensoleillés de LA qu’Halloween de John Carpenter, le morceau est très chill, avec de nombreux solos de synthétiseur. On aurait qu’à ralentir le tout pour obtenir de la vaporwave. A noter la présence d’un solo de guitare très eighties, encore un rappel de l’ambiance rock de l’album.

Le morceau suivant, Monday Hunt, est quand à lui bien plus explosif. Avec ses nombreux synthétiseurs superposés, la track est très connotée synthwave, si ce n’était avec les solos de guitares tout droit sorti du heavy metal classique. Un simple changement d’instrument et le morceau est un bon métal bien péchu.

Inferno Galore est dans cette même vibe. Très puissant, il est n’est pas aussi infernal que les morceaux bien dark de Carpenter dans Trilogy. Par contre, on est ici sur un produit bien synthwave, la guitare restant cantonnée à l’arrière plan.

Beware the beast. Clairement l’un des meilleurs morceaux de l’album, clairement celui qui a demandé le plus de travail. La musique est évidemment un hommage aux années 80, mais bien plus au metal qu’à la new wave ou l’electro. Ultra catchy, la musique est chanté par Mat MacNerney, un autre grand nom du metal qui, comme Kristoffer Rygg, multiplie les projets. Beaucoup de synthés, beaucoup de guitares, si bien que la construction du morceau s’articule autour d’elle. Pour un amateur de metal des années 80, c’est le morceau le plus accessible. Assez kitch pour être apprécié sans trop l’être pour qu’elle devienne énervante.

Avant dernier morceau, Hairspray Hurricane est assez sautillant pour avoir donner envie à un comateux de faire des squats. Si le son est bon, il n’y a pas grand chose à dire en plus que sur les autres. Il se termine par un coup de tonnerre, qui sonne le glas de l’album.

End Titles, générique de fin. S’il commence en douceur, le morceau monte de plus en plus en intensité, jusqu’à arriver à des choeurs.

Conclusion

Que dire de cette album ? Carpenter Brut a clairement envie de fonder sa trilogie sur de nouvelles bases. Très certainement cet album marque le début d’une nouvelle ère pour Carpenter Brut, ne reniant pas Trilogy mais en prenant de nouvelles inspirations, bien plus rock. Mais ce n’est pas étonnant quand on sait que Carpenter Brut est à l’affiche du Hellfest.

© NO IDENTITY NO NAME

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